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 à hurler du silence, sûr qu'on entend plus rien › ft. jamie

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Message(#) Sujet: à hurler du silence, sûr qu'on entend plus rien › ft. jamie Lun 13 Juin - 1:33

à hurler du silence,
sûr qu'on entend plus rien

abimés mais tranquilles sur le toit de la ville à hurler du silence, sûr qu'on entend plus rien

L'été est là. Enfin, le voilà. Après des jours de pluie, le soleil pointe enfin le bout de son nez, les nuages a laissé place à un ciel bleu magnifique, et on peut désormais passer la soirée dehors en tee-shirt sans aucun souci, les températures atteignant encore facilement les vingt degrés vers vingt-deux heures. J'aime ces soirées qui s'éternisent, où on peut observer le soleil se coucher et apprécier la plénitude qui nous envahit petit à petit, tout ceci a quelque chose d'apaisant. Et c'est exactement ce dont j'ai besoin, en ce moment. La grosse porte de mon appartement claque, et je pose mes clés sur la petite commode non loin. Il est dix-huit heures trente, et après une journée de travail bien remplie, une petit pause me semble amplement méritée. C'est pourquoi, je suis assise une demie-heure plus tard à la terrasse du heaven coffee. Il y a beaucoup de bruit, de gens, de la musique. J'attends, sirotant tranquillement un grand thé glacé, pensive. Je suis un peu nerveuse, à vrai dire. James, mon plus-ou-moins ami (oui, je ne sais toujours pas comment l'appeler) doit me rejoindre d'ici quelques minutes. Voilà six mois que j'ai avorté et notre relation n'a pas réellement évolué depuis. C'est assez étrange, comme si une sorte de malaise subsistait entre nous. Nous n'avons pas reparlé de cette journée à l'hôpital. On s'est simplement envoyé quelques messages depuis, un ou deux coups de fil. Il a dû passer me voir en coup de vent, il y a quelques semaines, chez le disquaire. Nous faisions comme si de rien n'était, en fait. Et ça commençait à me peser. Parce qu'il me manquait, que nos conversations tard le soir me manquaient, parce que nos disputes me manquaient, parce que malgré tout ce que je peux dire, j'ai besoin de lui dans ma vie, pour maintenir l'équilibre. Il fallait qu'on crève l'abcès, qu'on laisse tous les deux notre fierté de côté. C'est pourquoi, je lui avais envoyé un message en rentrant du travail, lui demandant de me rejoindre ici, prétextant qu'il faisait beau, et que boire un verre en terrasse nous ferait du bien. J'allume alors une cigarette pour faire passer le temps, et le vois arriver au loin. Quelques secondes plus tard, il s'assoit en face de moi, et nous commençons à discuter de tout et de rien pendant plusieurs minutes. Puis, un silence plutôt gênant s'installe. Quand j'y repense, l'inviter ici, l'endroit où je lui avais annoncé la terrible nouvelle quelques mois plus tôt, était peut-être une mauvaise idée. Je décide de prendre la parole, hésitante : « Je voulais te dire... Enfin, je voulais qu'on parle d... », commence-je, jusqu'à ce qu'une énorme détonation éclate, comme une explosion, le souffle de l'explosion nous projetant James, moi, et d'autres nombreux clients présents sur la terrasse du heaven. Lorsque je touche le sol, j'entends des os dans mon bras craquer et sens une douleur aiguë me transpercer de part en part. La musique autour de nous à cesser, et tout n'est que cris et panique. J'entends James crier mon prénom, et s'approcher de moi. C'est alors qu'une seconde détonation retentit, mon ami se jette sur moi comme pour me protéger. Je ferme les yeux et les ouvre à nouveau quelques secondes plus tard. James m'écrase de son poids, et je comprends lorsque j'essaie de me lever que celui-ci a perdu connaissance. Les gens autour de nous courent, sont affolés, pleurent et crient. J'arrive tant bien que mal à me libérer de l'étreinte de James, l'adrénaline et la peur me permettant d'oublier la douleur dans mon bras. Je me jette sur lui, l'appelant d'une voix paniquée, à plusieurs reprises. Il ne répond pas. La panique commence à s'emparer de moi, je jette autour de moi un regard, et observe des flammes et une épaisse fumée s'élever dans les airs. Si ce n'est pas à l'enfer, alors à quoi cela peut-il bien ressembler ?

≡≡≡

« Je vous dis qu'il est ici, j'étais dans l'ambulance avec lui, mais on a été séparé une fois arrivés ici ! James Reid ! Nova James Reid, c'est pas compliqué, enfin ! » « Mademoiselle, calmez-vous, vous saignez... » « Mais je m'en fous, je cherche juste mon ami, dites-moi où il est, ça fait une demie-heure que je le cher... Aïe..! Touchez pas mon bras comme ça ! » L'infirmière contre qui je m'époumone depuis cinq bonnes minutes vient de me prendre le bras, visiblement agacée. Les urgences sont un vrai capharnaüm, les infirmières et les médecins courent partout, les personnes blessées par l'incendie sont installées dans des lits que l'on laisse dans les couloirs, les proches des victimes pleurent, angoissent, les enfants crient et les téléphones ne cessent de sonner. « Vous êtes blessée mademoiselle, nous allons vous soigner, puis nous vous guideront à votre ami après. » « C'est juste une égratignu... Ouch! » Je gémis alors que j'essaie de me dégager de l'étreinte de l'infirmière. Bon, c'est peut-être plus qu'une égratignure... Le regard réprobateur de l'infirmière me fait rendre les armes, et je décide donc de laisser le personnel hospitalier s'occuper de moi, espérant retrouver James le plus vite possible. Quatre heures plus tard, me revoilà, les trois-quarts du bras dans le plâtre et en écharpe, des straps sur le haut du front et quelques pansements posés sur des plaies tout à fait superficielles. Je suis assise sur un tabouret inconfortable, complètement à côté de mes pompes. James est allongé toujours inconscient, sur un grand lit d'hôpital. Il a des bandages partout, et une perfusion au creux de son bras. L'agitation dans les couloirs de l'hôpital s'est un peu calmée, et je commence petit à petit à réaliser ce qu'il s'est passé lors de ses dernières heures. La culpabilité me ronge petit à petit, surtout lorsque je repasse les images de James se jetant sur moi pour me protéger de la seconde explosion. Je n'avais rien à part un bras cassé, mais James, lui, semblait s'en sortir beaucoup moins bien que moi. Je pris alors sa main dans la mienne tremblante. « Hey... Je... » Ma voix s'éteint. Je me sens si vulnérable que les mots ont du mal à sortir de ma gorge. « Je suis désolée... C'est un peu de ma faute, si on se retrouve là. Si tu te retrouves là. Mais, tu vas te réveiller, hein ? Ta famille va pas tarder à arriver, je pense. Je ne sais pas comment elles ont fait, mais les infirmières ont réussi à les joindre. Je sais bien que ça ne te fera certainement pas plaisir, mais... Ils vont venir. » Je serre doucement la main de mon ami dans la mienne. Je soupire, pensant au moment où la famille de James pénétrera dans cette chambre. Que vont-il dire ? Comment va-t-il réagir ? Va-t-il se réveiller ? Les infirmières m'ont dit qu'il était simplement sonné, et qu'il devrait reprendre ses esprits rapidement, mais ça fait déjà quatre heures que James est inconscient. Le bruit des détonations résonne en boucle dans ma tête, me harcèle. C'est alors que je sens mon ami serrer ma main, faiblement. Je me penche alors un peu plus sur son lit, chuchotant : « Hey, hey... Je suis là, tout va bien... » James ouvre alors péniblement les yeux, et tente de me sourire. Je l'entends alors me dire quelque chose, mais je n'arrive pas à comprendre quoi. « Qu'est-ce que tu dis ? Non, attends, ne parle pas, je vais aller chercher l'infirmière, je reviens... » Mais alors que je me lève, mon ami serre ma main toujours plus fort, et la tire vers lui. « Quoi ? » Mon regard se pose sur lui, et la panique que je lis dans le sien m'effraie. Ses yeux cherchent les miens, et je l'entends essayer de prononcer des mots bouts à bouts qui n'ont aucun sens. « Pas... Elsa... Je... Je n'entends... Je n'entends pas, Elsa...! Je n'entends rien! » Les mots finissent par être discernables, et deviennent de plus en plus fort et de plus en plus effrayant. James les répètent inlassablement, et toujours plus forts, comme s'il avait l'impression que je ne l'entendais pas. La panique commence à former un noeud dans ma gorge, tandis les larmes me montent aux yeux. Je prends alors ses deux mains dans les miennes, et fait signe avec mon doigt de se taire. Prenant alors mon téléphone, j'écris dans un message vide : "je reviens vite, essaie de te calmer...", et lui montre. Une fois le message passé, je laisse mon ami et attrape une infirmière à la volée : « Excusez-moi, mon ami... Il n'entend pas, il a besoin d'aide... » Je débite mes paroles à toute vitesse, et l'infirmière me demande de reprendre plusieurs fois, avant de me dire qu'elle doit s'occuper d'une urgence. « Mais c'est une urgence, je vous dis qu'il entend pas, vous êtes sourde, ou quoi ?! » J'ai l'impression d'être en plein cauchemar, mais celui ne fait en fait que commencer lorsque j'aperçois plus loin un couple accompagné d'un type qui ressemble à peu de choses près à James. Je comprends immédiatement qu'il s'agit de sa famille. « Ecoutez mademoiselle, nous sommes très occupés, nous passerons dans la chambre de votre ami dès que possible. » m'explique l'infirmière. Toujours sous le choc de voir la famille de mon ami plus loin, je ne réponds pas, et me dirige à nouveau vers la chambre de mon ami, telle un zombie. Je m'assieds à son chevet, et ses yeux s'accrochent tout de suite aux miens, seul point de repère qu'il doit lui rester pour l'instant. Je reprends alors mon téléphone pour y écrire : "L'infirmière va passer. Ta famille est là. Ils arrivent.". Et c'est alors que trois petits coups se font entendre à la porte.

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Message(#) Sujet: Re: à hurler du silence, sûr qu'on entend plus rien › ft. jamie Lun 13 Juin - 18:20

Six moi. Cela faisait six mois que leur relation était pour le moins... sur une pente bien glissante. Ils ne s'étaient pas réellement reparlé sincèrement depuis l'avortement de la jeune femme. Ils n'étaient pas venus l'un chez l'autre pour passer une soiré à rire et à déconner comme autrefois. Il n'y avait plus d'Elsa-Beth qui fumait à son balcon en lui balançant une blague qui le faisait éclater de rire à chaque fois, plus de Jamie qui racontait toutes les peines du monde qu'il avait à trouver un boulot pour survivre enfin sans l'argent de ses parents. Ils y avait eu quelques textos, quelques appels jamais bien longs et quelques fois, ils s'étaient vus. Mais c'était bref, trop bref à son goût. Pourtant il n'osait pas aller de l'avant, rompre cette glace qui c'était immiscé entre eux. Parce qu'il avait cru comprendre qu'elle ne voulait plus vraiment de lui dans sa vie ou... C'était compliqué. Et pourtant aujourd'hui il marchait droit vers elle, l'air le plus détendu possible. Boire un verre, papoter un peu en terrasse... elle avait sans doute besoin de de parler, lui aussi ? Peut-être mettre les choses au clair, ils en avaient besoin. Il la rejoignit alors, les mains dans les poches, un sourire léger sur le visage. Et quand elle prit la parole, il se sentit tout de suite mieux. Mais cette sensation ne dura que quelques secondes.

« Elsa ! »

Boum. Une détonation se fait entendre et son premier geste fut de sauter sur son amie. E après... Le flou. Jamie se sentit tomber, et heurter le sol de plein fouet sans pouvoir se retenir quelque part. Autour de lui le jeune homme entendait des cris, des pleurs, mais ses paupières lourdes l'empêchaient de voir, et de comprendre quo que se soit à tout ce bordel. Et puis soudain, sa tête sembla exploser de l'intérieur. Une bouffé de chaleur l'envahis, et quand enfin il cru pouvoir ouvrir les yeux, tout autour de lui se noya. Le noir le plus complet. Et ce silence absolu. Ce silence de mort.

≡≡≡

Jamie flottait. Du moins, c'était l'impression qu'il avait. Celle de flottait dans les airs, d'être léger comme une plume, d'être loin de cette petite ville qui ne lui apportait que du malheurs ces derniers temps. De rêver. D'être bien. Mais cette impression avait quelque chose de dérangeant. Il y avait ce silence autour de lui, pesant. Ce silence trop oppressant qui lui fit ouvrir les yeux d'un seul. Les lumières au dessus de sa tête l'aveuglèrent quelques bref instant avant qu'il ne rabatte un avant bras devant ses pupilles endoloris. Une tête était penchée au dessus de son lit. À l’hôpital, il était à l’hôpital. Comme quoi, quand ce n'était pas l'un, c'était l'autre... Elle lui avait attrapé le main, et il vit ses lèvres remuer, sans doute pour lui murmurer quelques paroles réconfortantes. Qu'il entretenait pas. Ses lèvres bougeaient, mais aucun son ne sortait. Il serra sa main un peu plus fort, soudain paniqué. Pourquoi ne parlait-elle pas plus fort ? Pourquoi ne voulait-elle pas faire un effort ? Il tira sa main. Bon sang ses lèvres continuaient de remuer mais aucun son ne sortait de sa bouche. Aucun. Néant. Et maintenant qu'il se concentrait un peu, il n'entendait pas non plus les bruits extérieurs, ou ceux des machines. Alors il parla. Il parla sans entendre. Son ton grimpa quand il essaya de lui faire comprendre ce qui se passait. Paniqué, il était paniqué. Il voulait qu'elle reste là, avec lui, elle était son ancre, son seul point de repère. Tant qu'elle restait là, il serait toujours plus en...

Malheur. Horreur. Angoisse. Ce furent les trois mots qui lui arrivèrent à l'esprit quand trois nouvelles personnes firent irruption dans sa chambre. Monsieur et Madame Reid, toujours aussi impeccable. Son père avait à peine pris une ride et sa mère... Depuis le temps elle avait juste coupé ses cheveux plus courts. Là aussi il vit leur lèvre remuer sans rien comprendre. Il aurait payé cher pour ne pas les voir débarquer ici. Mais le pire était la troisième personne. Steve Reid. Toujours aussi... Lui. Lui physiquement, ils étaient de véritables jumeau après tout, mais... C'était bien la dernière personne qu'il souhaitait voir ici. Il était celui qui avait bien faillis lui ôter la vie un jour. Celui dont tout le monde avaient pris la défense. Quand Steve s’avança il ne pu rien faire, même pas un mouvement de recul. Il supplia juste son amie du regard. Ne pas le laisser avec eux. Ne pas faire ça. Son frère plongea son regard dans le siens, ce regard tellement identique au siens c'était... Il ne lui avait pas manqué depuis le temps. Steve avait de grande cernes sous les yeux. Comme autrefois quand il rentrait à pas d'heure après ses fêtes démentes.

« Nova... »

Il ne pouvait pas l'entendre, mais il lisait à merveille sur ses lèvres. Comme quand ils étaient enfants, et qu'ils pensaient pouvoir communiquer de manière très discrète et secrète en articulant parfaitement les mots et en lisant sur les lèvres l'un de l'autre.

« C'est James. »

Bon sang, il voulait fuir. Fuir le plus loin possible avant que son père demande des comptes à toute la ville et que sa mère fonde sur lui en pleurant toutes les fausses larmes de son corps.

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Message(#) Sujet: Re: à hurler du silence, sûr qu'on entend plus rien › ft. jamie Mer 15 Juin - 1:46

à hurler du silence,
sûr qu'on entend plus rien

abimés mais tranquilles sur le toit de la ville à hurler du silence, sûr qu'on entend plus rien

Dès l'instant où les trois coups parviennent à mes oreilles, mes muscles se tendent. Je ne sais que trop bien ce que cela signifie : la fin de quelques minutes de répit, pour s'engouffrer dans une tempête à nouveau. Je n'ai jamais vu la famille de James. Je sais que ses parents lui donnent de l'argent, afin qu'il puisse vivre, mais que celui-ci apprécierait plutôt ne rien leur devoir. Son père et lui ne sont plus en très bons termes. Son frère jumeau, qui ne lui ressemble que dans les traits physiques, est un gamin capricieux qui adore son frère. Et un menteur, aussi. Mais ça, c'est une autre histoire. Je suis certaine que les conflits et tensions au sein de cette famille tiennent à bien plus qu'un accident de moto, mais je ne suis personne pour juger. Ma propre famille est un désastre sans nom. « Entrez. », dis-je, après m'être raclée la gorge. La porte s'ouvre, laissant entrer trois personnes. En premier, une femme, très bien apprêtée, aux cheveux courts, les yeux bouffis par les larmes. Je reconnais certains traits du visage de James dans le sien. Elle est suivie de près par Steve - il me semble que c'est comme cela qu'il s'appelle - le sosie de James. Grand, brun et chétif. À la seul différence que celui-ci a l'air plus dynamique (si on fait abstraction des cernes sous ses yeux), plus fier et hautain. Détestable, en somme. Ils affichent tous les deux des mines très inquiètes. « Oh mon dieu, mon fils... » sanglote sa mère, un mouchoir en tissu fermement emprisonné dans sa main droite. Derrière eux, beaucoup plus en retrait, Monsieur Reid. Un homme charismatique, qui en impose dans son costard saillant. Son visage n'affiche presqu'aucune expression. Steve s'approche alors rapidement, un air dramatique sur son visage. Je croise le regarde de James, suppliant. Je serre doucement sa main, en réponse. Les minutes qui suivent vont sûrement être difficiles. Son frère a son regard plongé dans le sien lorsqu'il murmure : « Nova... » « C'est James. », répond mon ami, aussitôt. Je tique légèrement, avant de me dire qu'il a certainement dû lire sur ses lèvres. La mère de James s'approche à son tour, des larmes coulant le long de ses joues pâles. Elle pose sa main sur le front de son fils avant de murmurer : « Mon chéri... ». Je ne me sens vraiment pas à ma place, au milieu de cette famille, de cette hypocrisie qui embaume la pièce peu à peu. Je ne sais que dire, ni que faire. Comment leur raconter ce qu'il s'est passé ? Comment leur dire qu'il n'entend pas ? Est-ce mon rôle de leur annoncer ? Dois-je leur dire qui je suis ? Mon malaise ne disparaît pas lorsque sa mère se tourne vers moi. « C'est vous qui l'avez trouvé ? », demande-t-elle. J'ouvre la bouche, puis me ravise, hochant simplement la tête. « Merci beaucoup... Dieu sait ce qui lui serait arrivé si vous n'aviez pas été là... ». La culpabilité me ronge à nouveau. Il ne lui serait rien arrivé, si je n'avais pas été là. Néanmoins, j'ai l'impression qu'elle ne comprend pas réellement la situation. A-t-elle été prévenu pour l'incendie ? Sait-elle ce qu'il s'est passé exactement ? Je m'éclaircis la gorge. « Je... Je suis une amie de James. » Je marque une pause, ne sachant pas quoi dire d'autre. « Il... On était dans un café, et... » « Mon chéri, comment vas-tu ? Tu as mal quelque part ? On était tellement inquiet, ton frère aussi... De quoi as-tu bes... » « Il n'entend pas. » Mon ton est sec et froid. D'une part, car j'ai été légèrement vexée du peu d'attention qu'elle m'a accordé, et d'autre part, car j'estime que c'est la meilleure façon de leur annoncer à tous. « Que voulez-vous dire ? » Je me retourne, un peu surprise. Monsieur Reid, qui n'a bougé que de quelques centimètres depuis son entrée dans la chambre vient de prendre la parole. « Je veux dire qu'il n'entend pas. Je m'en suis aperçue à son réveil, une infirmière doit passer pour l’ausculter. », explique-je. À mon annonce, la mère s'effondre sur son fils, comme si celui-ci était blessé de guerre. Je vois James grimacer. Il doit avoir du mal à suivre les événements. Steve, lui aussi, se met à pleurer, et frotte doucement le dos de sa mère pour la réconforter. Tous ces simagrées me donnent envie de rire. Comment des gens qui n'ont pas pris une seule nouvelle de leur fils en des mois peuvent-ils aussi bien jouer la comédie ? À quel point ces gens sont-ils ignorants ? Je fulmine face à tant d'hypocrisie. C'est alors qu'une infirmière et un médecin profitent de ce moment pour entrer. Les poignées de mains se succèdent, le frère et la mère de James sont obligés de laisser respirer leur fils et frère, et continuent de sangloter dans un coin de la pièce, tandis que son père s'approche à son tour, aux pieds de James. On les observe l'ausculter, pendant quelques minutes. Et finalement, le verdict tombe. Enfin, pas tout de suite. « Je vais vous demander de sortir, mademoiselle. Seule la famille est autorisée à rester pour la conversation qui va suivre. » Mon sang ne fait qu'un tour. « Mais, je suis sa famille, ici ! » « Pas sur le papier. » Je me retiens de faire une remarque sur le sens du mot "famille". Je regarde James une dernière fois. Il comprend que je dois quitter la pièce, à contre coeur. Je serre fort sa main, avant de la lâcher et de tourner les talons. Je claque la porte avec fermeté, avant de me presser vers la sortie de l'hôpital. Mon bras dans le plâtre me gêne, j'étouffe, ici. Je m'assieds sur les marches de l'escalier à l'entrée du bâtiment, et finis par réussir à coincer une cigarette entre mes lèvres, au bout de quelques minutes de galère. Une fois allumée, les premières doses de nicotine se glissent dans mes veines et me soulagent un peu. Je ne cesse de repasser en boucle ce qu'il vient de se passer. Mes paroles débiles résonnent encore dans mes oreilles, et je vais certainement devoir en répondre d'ici quelques minutes. Je passe une main dans mes cheveux, nerveusement. Puis, j'entends un bruit sourd derrière moi, comme une porte qui se claque : Steve, le frère de James, sort de sa chambre, tel un diable qui sort de sa boite, et se dirige vers moi, déterminé.

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Message(#) Sujet: Re: à hurler du silence, sûr qu'on entend plus rien › ft. jamie Mer 22 Juin - 12:54

C'était la scène la plus insupportable qu'il avait eu à vivre depuis des mois. Voir des lèvres remuer sans aucun son en sortir, voir les expressions du visage de sa mère, de son père et de son frère changer à toute allure sans même comprendre pourquoi... Et dire qu'à une époque il aurait tout donné pour ne plus jamais les voir et les entendre. Maintenant ils étaient de retour dans sa vie, il voyait leur visage et il n'entendait aucune de leur parole, sans doute empreinte de tristesse et de... faux sentiments. Il avait deviné qu'Elsa-Beth avait du leur parler de son « léger soucis » d'audition. En tout cas sa mère laissa échapper quelques larmes, son père.... Son père restait son père et son frère... Lui il était bon pour filer sur les planches de théâtre tant sa prestation était excellente. Quoi que, il avait toujours su que son frère l'aimait. Il l'aimait presque plus que tout au monde. Pas Jamie, dommage, c'était un amour à sens unique. Quoi qu'il en soit il avait toujours eu de drôle de façon de lui témoigner sa réelle affection. Jamie soupira, il avait envie de respirer un coup. Il avait beau leur faire signe de partir, en vain. Il voulait juste Elsa-Beth. C'était elle sa nouvelle famille, pas cette bande de guignols. Les médecins arrivent et se penchent successivement sur lui. Jamie se laissa faire, fermant les yeux. Un peu de répits. Toujours rien, toujours pas un son. Il avait juste cette douleur à l'arrière du crâne... Et Elsa du partir.

« Non, non reste ! »

Trop tard. Trop tard. Il était face à un médecin aux airs graves. C'était comme si on allait lui annoncer sa mort prochaine, charmant. Et sa mère qui se cramponnait aux bras de son père, l'air complètement... L'air de quoi tient ? Traumatisée, bouleversée... Le médecin n'avait même pas commencé son discours que déjà Steve semblait sur les nerfs. Et Jamie devinait aisément ce qui le mettait dans cet état. À tout hasard, la jeune femme qui venait juste de sortir de la chambre d’hôpital. Il devinait facilement qu'il piquait sa petite crise de jalousie. Et avant même qu'il ai pu avoir le temps de dire quoi que ce soit, Steve sortit en trombe de la chambre, claquant la porte au passage. Sa mère grinça des dents, il avait du faire un sacré vacarme que lui évidement, n’étendait pas.

≡≡≡

(Steve.) Il s'était imaginé un tas de fois cette scène. La réunion avec lui, avec Nova. Son frère jumeau qui oui, malgré ce que beaucoup pourraient dire ou penser, lui avaient terriblement manqué. Et quand il l'avait retrouvé, elle était. Elle c'était un obstacle à leur bonne entente, au duo qu'ils formaient autrefois. S'il n'avait pas été ravi de les voir arriver avec leur parent c'était sans nul doute de sa faute. Jamais l'idée que cela puisse être de la sienne ne lui traversait l'esprit, à Steve Reid. Alors quand elle sortit de la chambre il ne tarda pas à l'imiter. Son frère était trop bon, trop gentil. Elle avait tout à fait le genre à profiter des mecs comme lui. De son temps, de sa patience, et de l'argent que ses parents lui envoyaient chaque mois pour qu'il vive à l'abri du besoin. Pourquoi avait-il cette envie de la voir partir si loin ? Peut-être parce qu'il lui semblait que Nova avait trouvé en elle ce qu'il n'avait jamais pu trouver chez lui.

« Explique toi, t'es qui au juste ? T'es sa copine ? Non, alors tu restes en dehors de ça. Je connais mon frère et il veut sa famille et personne d'autre. Alors t'es mignonne, mais tu dégages de là et tu ne remets pas les pieds dans cette chambre. »



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Message(#) Sujet: Re: à hurler du silence, sûr qu'on entend plus rien › ft. jamie Ven 1 Juil - 2:03

à hurler du silence,
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Je tire une autre bouffée de nicotine sur ma cigarette, indifférente à la sortie bruyante du frère de James. Après tout, il se dirige peut-être pas forcément vers moi, peut-être souhaite-t-il simplement se rendre dehors, pour prendre un peu l'air? Mais les mots qu'il m'adresse une fois à ma hauteur me font comprendre que non, il n'est pas venu prendre l'air. Je l'écoute déverser sa colère sur mes épaules, faire le frère-protecteur et jouer la carte de la famille. Je sais ce qu'il essaie de faire. Je sais qu'il veut faire comme si la famille Reid était la famille parfaite, sans histoire, où chacun a sa place. Que c'est ce qu'il veut me faire croire. Son hypocrisie, et son air méprisant me dégoûtent. Il ne sait pas que je sais tout. Que je sais pour l'accident. Et je ne vais pas me faire prier pour lui faire comprendre que non, ses "menaces" ne marchent pas. « Et toi, t'es qui, dis-moi ? », demandé-je, la clope au bec. Je croise son regard empli de colère, mais aussi d'incompréhension, l'espace de quelques secondes. Il doit se dire que je suis débile. « Je veux dire, à part son frère, t'es qui pour lui ? Tu partages quoi avec lui à part une séquence ADN identique ? » Je sens la colère en moi qui monte, alors je marque une pause, histoire d'emplir mes poumons d'une bouffée de nicotine. « C'est vrai que vous avez beaucoup discuté depuis qu'il est parti. Ah, mais attends... Pourquoi est-il parti déjà ? Ah, mais oui : il avait envie de couper les ponts avec vous tous... C'est étrange quand même pour quelqu'un qui "veut sa famille et personne d'autre", tu en conviendras. » J'entends Steve étouffer ce qui ressemble à un rire nerveux. Il me regarde avec pitié, et colère. Je dois être tellement insignifiante pour lui, du haut de mon petit mètre soixante-cinq. Il est tellement différent de James. J'ai l'impression de parler à son espèce de double maléfique, en fait. C'est assez flippant. C'est comme si je me retrouvais de nouveau face au James qui se tient dans mon appart quelques mois plus tôt et qui me dit qu'il ne veut plus me voir. Y repenser me fait mal au coeur, et c'est Steve qui me sort de mes pensées. « Tu ne sais rien. » Ma cigarette a fini par se consumer toute seule, alors je la laisse tomber à terre, avant de l'écraser du plat du pied. « C'est ce que tu crois. Je te le redemande, Steve : t'es qui, pour me toiser comme ça ? Tu crois que t'es son frère ? Tu crois qu'il t'apprécie ? Que tu lui as manqué ? Je sais ce que tu as fait. Il m'a raconté. J'ai peut-être pas de lien de sang avec James, mais au moins, je partage plus qu'un mensonge, avec lui. » J'ai à peine le temps de comprendre les mots qui viennent de sortir ma propre bouche que je me retrouve à terre, écrasée par le poids de Steve. Ma voix s'étrangle, sous la surprise. Une de ses deux mains est postée fermement sur ma gorge, tandis que son poing s'abat sur ma pommette. L'adrénaline me donne une force dont je ne m'étais jamais crue capable, et me permet de le repousser. Je hurle, effrayée : « Laisse-moi !! ». En me débattant, je sens mes ongles transpercer la peau de son visage, tandis qu'un infirmier arrive, et le retient. Mais je n'entends plus, ne vois plus ce qu'il se passe autour. Je ne sens même pas ma joue complètement tuméfiée, ni mon bras qui me fait mal dans mon plâtre. Les images repassent en boucle dans ma tête. La vulnérabilité, la peur, l'impuissance. Exactement comme il y a six ans. Je distingue au loin les parents de James, autour de Steve, sans les voir vraiment. J'ai les fesses toujours au sol lorsqu'une infirmière vient me voir : il s'agit de celle qui m'a conduit à la chambre de James, après que l'on m'a plâtré le bras. Je l'entends me poser des questions auxquelles je réponds vaguement. La mère de Steve a ses deux mains sur le visage de son fils, et le regarde comme si les légères griffures qui y figurent était des entailles faites au couteau. Je sens que l'infirmière me traîne quelque part, certainement pour me soigner - encore une fois. Il doit être quelque chose comme vingt-deux ou vingt-trois heures, peut-être même minuit, et les urgences sont encore un peu agitées (comment ça, c'est de ma faute ?). Et comme les chambres et autres salles d'examen sont occupées, la gentille infirmière me fait m'asseoir sur un brancard dans le couloir où se situe la chambre de mon ami. Elle désinfecte alors la plaie en silence, tandis que j'entends encore les éclats de voix de Steve, qui doit certainement demander à ce que je ne m'approche pas de James ou de sa chambre à moins de cinquante mètres. Je soupire en pensant à tout ça, et en viens à nouveau à me dire que c'est un peu de ma faute. Si je n'avais proposé à James d'aller boire ce verre, on ne serait pas ici. Son connard de frère ne m'aurait pas jeté son poing dans la figure, sa famille n'aurait jamais mis les pieds ici. Il entendrait toujours. J'aimerais tellement lui parler, j'ai maintenant envie plus que jamais de rompre l'abcès, qu'on parle de tout ce qu'il s'est passé, et ce n'est plus possible. Le contact de la poche de glace que l'infirmière colle contre ma joue me fait grimacer, et me sort parallèlement de mes pensées. Je la prends entre mes doigts, et adresse un pauvre sourire à la jeune femme pour tout remerciement. Puis, on entend une porte du couloir s'ouvrir, et dans l'encadrement de celle-ci : James.

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Message(#) Sujet: Re: à hurler du silence, sûr qu'on entend plus rien › ft. jamie Mar 6 Sep - 11:52

Il avait vu son frère partir, sans doute s'élancer à la poursuite de la seule fille qu'il avait réellement envie de voir en cet instant très précis. Il connaissait son jumeaux, après tout, ils étaient frères et avaient grandis ensemble une dizaine d'année, et il savait déjà que tout allait déraper. C'était bien simple, avec lui, tout dérapait toujours. Il était incapable de garder son calme, il le savait, et la situation actuelle n’allait aider en rien. Mais le soucis n'était pas que là, il connaissait aussi Elsa-Beth, et son caractère farouche. Ce n'était pas le genre de file à se laisser marcher sur les pieds et à s'écraser, encore moins face à des types comme Steve. Alors prit d'un soudain élan chevaleresque il ignora sa douleur et ses tympans qui semblaient lui jouer des tours et se redressa. Sa mère bougea dans son coin, son père aussi mais il les ignora. Il était focalisé sur la porte de sortie qui faisait face à son lit d’hôpital. Il ne s'était jamais sentit aussi inutile. Et ils étaient sans doute là, derrière, à s'engueuler. Il pouvait presque entendre (enfin, imaginer dans le cas présent) son frère faire toute une jérémiade. Il avait toujours été doué pour ça. Un véritable acteur hollywoodien. La porte s'ouvrit, ses parents aussi commencèrent à capter que quelque chose ne tournait pas rond.

La scène dépassait tout ce qu'il avait pu imaginer. Il toisa son frère, en train de se faire occulter par leur mère trop inquiète comme à son habitude et protégé par son père dont le regard ne pouvait pas être plus noir et plus mauvais qu'en cet instant précis. Mais son regard s'arrêta et s'attarda plus longuement sur la principales intéressé. Et étrangement... Jamie sourit. Parce qu'il ne pu s'empêcher de l'imaginer, mettant la pâté son jumeau et lui dévoilant avec grâce et délicatesse ses quatre vérités. Il se fichait pas mal à cet instant précis d'être dans une tenue de malade terriblement moche, de porter cette espèce de blouse bleu pâle, d'être pied nue et de ses geler les pieds contre le carrelage ou encore d'avoir la tête d'un hiboux à peine sortit du nid. Il ne s'entendait même pas respirer, mais il était prêt à parier qu'il avait presque laissé échappé un petit rire, tout doux, devant la situation.

« Monsieur Reid vous devriez... »

Retourner dans votre chambre, sans doute, pensa t-il. Mais il n'écouta pas la gentille infirmière trop occupé à se diriger vers sa meilleure amie et à lui tendre sa main.

«Tu n'as rien ?»

Il n'était pas vraiment sûr de ce qu'il venait de dire. Difficile quand on entendait pas ses propos mais il était à peu près certains de ce qu'il venait de rien. Il n'entendrait pas sa réponse, mais une moue, un hochement de tête lui suffirait. Il avait envie de la prendre dans ses bras et de la remercier d'être là. Pour lui. Il le sentait, au fond elle semblait s'en vouloir. Par dessus tout il voulait lui dire qu'elle n'était responsable de rien.

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Message(#) Sujet: Re: à hurler du silence, sûr qu'on entend plus rien › ft. jamie Dim 2 Oct - 16:09

à hurler du silence,
sûr qu'on entend plus rien

abimés mais tranquilles sur le toit de la ville à hurler du silence, sûr qu'on entend plus rien

James se tient debout, l'air un peu hagard, comme perdu dans sa blouse trop grande. Des bleus recouvrent ses bras, ses jambes, et des plaies plus ou moins superficielles  sont visibles sur son visage. Elsa Beth, toujours assise sur le brancard dans le couloir avec sa poche de glace sur la joue, ça la peine de le voir ainsi. Même s'il sourit, elle sait bien que c'est à cause d'elle qu'il est dans cet état. Elle baisse un peu les yeux, comme si elle ne voulait pas voir la vérité en face, et aussi parce que c'est moins difficile à supporter. L'infirmière qui s'occupait d'Elsa jusqu'à présent se tourne vers le jeune homme, lui disant de retourner dans sa chambre. Mais il n'en a que faire - enfin, il ne l'entend pas surtout - et il s'approche doucement de la jeune femme. La main valide de cette dernière repose doucement la glace qui lui brûlait la joue, et la pose près d'elle. Une fois à sa hauteur, elle voit James lui tendre sa main, avant de lui demander si elle va bien, dans un murmure presqu'inaudible. Mais pour Elsa Beth, c'est juste insoutenable. Il se tient debout devant elle, s'inquiète pour elle, alors qu'elle a seulement le bras dans le plâtre et a - par sa faute encore - récolté une balafre sur la joue par son frère. Il n'entend pas, et elle a envie de s'excuser, de lui dire à quel point elle s'en veux, qu'il lui manque affreusement, qu'elle regrette tout ce qu'il a pu se passer entre eux. En temps normal, elle aurait eu trop de fierté pour lui avouer. Elle est comme ça, Elsa Beth, même avec son meilleur ami - l'est-il redevenu ? - elle ne veut montrer aucune faiblesse, et veut prouver que malgré ses frêles épaules, elle n'a besoin de personne. Mais, là, elle va profiter du fait qu'il n'entende pas - excuse-moi James - pour lui dire. Elle descend doucement du brancard sur lequel elle était assise, et son corps se serre doucement contre celui de son ami. Elle se hisse alors sur la pointe des pieds, afin de pouvoir sa bouche près de oreille et de murmurer, fébrile : « Je suis désolée... Tu me manques tellement... » Elle n'en dit pas plus, avant de glisser son bras encore valide dans le dos de James, sa main s'accrochant doucement à sa blouse d'hôpital. Elsa ne sent même pas les deux larmes qui roulent sur ses joues, comme si de dire à voix haute ce qu'elle n'arrivait pas à exprimer depuis des semaines l'avait complètement secouée. Son visage s'enfouit contre son torse, ne sachant plus quoi faire d'autre, profitant d'une façon un peu coupable de la présence de son ami tout contre elle.


Quelques semaines plus tard...


Elsa Beth se réveille ce matin dans un appartement autre que le sien. Celui de James, bien sûr. Depuis l'incendie, elle vivait plus ou moins à temps partiel chez ce dernier. Elle avait insisté sur ce point, souhaitant l'aider le plus possible dans sa vie de tous les jours, puisque les médecins ne savaient pas vraiment si oui ou non James allait retourner l'ouïe un jour. Ils ne dormaient pas ensemble, toutefois. Ils n'avaient pas encore mis certaines choses au clair - et cela semblait difficile vue la situation actuelle - et un malaise persistait entre eux. Elsa dormait donc généralement sur le canapé du salon - le peu d'heures qu'elle dormait. Les images de l'incendie la hantait toujours plus ou moins, même des semaines après. Et l'inquiétude sur la surdité de James la faisait se retourner plusieurs fois dans son sommeil. Et lorsqu'elle se réveille, elle peut sentir une douce odeur s'échapper de la cuisine. La jeune anglaise cherche son téléphone quelque part au sol, et observe le cadran. Dimanche, dix heures vingt du matin. James doit sans doute être en train de préparer le petit déjeuner. Mais Elsa n'est jamais sereine lorsqu'il entreprend ce genre de choses tout seul. Elle est certainement un peu trop sur son dos, ce qui a le don d'énerve James bien sûr, mais elle ne peut s'empêcher de s'en vouloir et de s'inquiéter perpétuellement. La jeune femme soupire doucement, avant de se lever, et de se diriger vers la cuisine vêtue d'un short en coton et d'un sweat trop grand, comme toujours. Une fois la porte passée, Elsa Beth observe son ami s'affairer, et attend, comme souvent. Elle ne veut pas le déranger, alors elle patiente simplement, jusqu'à ce qu'il remarque sa présence.

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Message(#) Sujet: Re: à hurler du silence, sûr qu'on entend plus rien › ft. jamie Jeu 1 Déc - 14:10

Elle avait pris dans ses bras, avant sans doute de dire quelque chose qu'il n'avait jamais pu entendre. Ce moment était celui qui tournait en boucle dans sa tête depuis qu'il avait quitté sa petite chambre d’hôpital. On lui avait dit que peut-être un jour, il entendrait de nouveau. Après tout, c'était un médecin réputé qui le lui avait dit. Il le croyait sur parole, pour la simple et bonne raison qu'il avait envie de guérir, d'entendre à nouveau. Il refusait de vivre dans un monde au son coupé. Jamais.

Elle avait emménagé chez lui à temps partiel. Il avait bien compris qu'elle faisait ça pour aider. Et puisqu'il avait congédié ces parents (qui continuaient tout de même à le harceler de sms débordant d'amour qui sonnait faux) et expédié son frère loin de sa vie (mais là aussi, ce dernier semblait se raccrocher à un espoir disparu il y a bien longtemps) c'était pas plus mal. En sois, il ne demandais jamais d'aide. Certes, Jamie avait toujours été du genre un peu assisté dans sa vie. S'il vivait aussi « bien » c'était grâce aux chèques que ces parents lui envoyaient tous les deux mois. Mais il refusait que son amie perde son temps à s'occuper de lui, à le surveiller... Pourtant, il ne l'avait pas renvoyé elle aussi, sans doute que parce que depuis l'incendie, il s'était écarté des gens. Il avait tout simplement mis une barrière être lui et le monde qui l'entourait, il ne sortait plus autant qu'avant, sa vie était beaucoup plus terne. Ce matin là il avait pris les devants en préparant le petit déjeuné. Des pancakes feraient l'affaire. Il n'avait jamais été très doué en cuisine, mais ça, il connaissait. Quelques minutes plus tard, il remarquait enfin la présence d'Elsa Beth dans l'encadrement de la porte. Son visage sembla soudain s'illuminer un peu et il lui désigna son assiette encore chaude.

« J'ai préparé le p'tit déjeuné. »

Parfois il avait l'impression d’entendre comme un écho de sa voix. Cette étrange. Mais très vite, quand il voyait les lèvres de son amie remuer la réalité le rattrapait, lui rappelant que non, son ouïe n'était toujours pas revenue à la normale.

« On sort un peu aujourd'hui ? J'ai besoin de prendre l'air...»

Il n'était jamais sur de ce qu'il disait à haute voix. Ses phrases, il devait les imaginer, puis les débiter à toute allure en espérant oublier aucun mot.

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Message(#) Sujet: Re: à hurler du silence, sûr qu'on entend plus rien › ft. jamie

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